ienadamPour établir le bilan de santé actuel d’un pays, il est parfois instructif de se tourner vers son visage du passé. Puisqu’une élection capitale, celle à la présidence de la République se profile, regardons la France, et remontons un peu plus de deux cents ans en arrière.


Le 11 novembre 1799, deux jours après que le Consulat eut été instauré en France, les trois Consuls : Bonaparte, Sieyès, et Ducos se firent ouvrir le Trésor de la Nation. Qu’y trouvèrent-ils ? En tout et pour tout 60 000 livres, somme dérisoire qui ne permettait même pas de payer les courriers dépêchés pour porter à la connaissance du pays le changement de gouvernement. Des routes devenues impraticables ; des ports ensablés, des canaux asséchés, des citoyens traumatisés par la sauvagerie de la Terreur… Un pays en ruines.


Qu’en est-il aujourd’hui de cette même France, qui, en 2012, a porté les socialistes au pouvoir ?
- Notre pays a perdu au profit de la Grande-Bretagne sa place de 5ème puissance mondiale ; - Les investissements étrangers ont chuté de plus de 70%.
- La dette représente 96,6% du P. I. B., soit, de manière moins abstraite, la somme astronomique de 2 103 milliards d’euros.
- Quelque 14 000 personnes vont, chaque mois, grossir la sombre cohorte des demandeurs d’emploi, formule moins péjorative que le vocable misérabiliste et vaguement humiliant de chômeur. Toutes catégories confondues, ils étaient, à la fin du mois de décembre 2015, 5 500 000 à attendre de pouvoir réintégrer le monde du travail. C’est-à-dire la vie.


Même, si, entre les deux époques, il y existe une différence d’échelle – un peu plus de deux siècles « nous contemplent » – le constat s’impose, identique : à la fin de son mandat, et malgré ses belles et emphatiques promesses de campagne, François Hollande, aura fait de la France un pays quasiment en phase terminale. À son successeur, lui aussi, il léguera des ruines.


Avec courage - il en faut, car l’étiquette « bonapartiste » n’est pas toujours bien ressentie - et humilité, David Saforcada, pour présenter sa candidature, a décidé de se réclamer de Napoléon. Pourquoi ?


Parce que Napoléon est l’homme qui a ressuscité la France ravagée par la hideuse Terreur et les « embrouilles » du Directoire ; l’homme qui a ramené la paix sociale, la paix religieuse, c’est-à-dire la paix des âmes, par la signature du Concordat qui rouvrit la porte des églises ; l’homme, qui est le créateur de la Banque de France, du Conseil d’État, des Prud’hommes, des préfets, des lycées ; qui fut l’instigateur et l’âme du Code, qui porte son nom ; l’homme qui réussit à mettre un terme à l’état de guerre avec l’Angleterre par la paix d’Amiens, une paix dont la rupture par Londres généra ce que l’on nomme depuis, par une désinformation sémantique exemplaire, les « guerres napoléoniennes ».


Même si les succès militaires remportés par Napoléon n’ont fait que nuire à son image d’administrateur hors pair, et à occulter son oeuvre civile magistrale, elle est pourtant bien là, cette oeuvre, toujours vivace dans notre pays.


Mais quel parrainage pour David Saforcada ! Un parrainage qui lui impose des obligations.


Je ne doute pas qu’il en soit conscient.
Jean-Claude Damamme

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Historien et écrivain, Jean-Claude Damamme est membre de la Société des Gens de Lettres de France, membre adhérent de l’Association des Écrivains Combattants, et il est le représentant officiel de la Société Napoléonienne Internationale de Montréal depuis de nombreuses années..

Il est par ailleurs président honoraire du Comité des Distinctions de l’ Instituto Napoleónico México-Francia.

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages : "Lannes, Maréchal d'Empire", "Les Soldats de la Grande Armée", "La Bataille de Waterloo", "Les aigles en hiver: Russie 1812".